Séminaire ULg/FRFC – « La non-discrimination et l’égalité »

L’Unité de recherches en philosophie politique et philosophie critique des normes (F. Caeymaex, E. Delruelle) de l’Université de Liège a le plaisir de vous inviter au séminaire consacré à « La non-discrimination et l’égalité », sous la direction de Th. Berns, F. Caeymaex et E. Delruelle. En voici le programme :

– Vendredi 8/10 de 14h à 18h
Introduction (Th. Berns et F. Caeymaex)
La lutte contre les discriminations en Belgique (E. Delruelle – ULg – et N. Denies – Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme)
– Vendredi 3/12 de 14h à 17h
« Rien de personnel » : l’éthique de la discrimination statistique (M. Rüegger)
– Vendredi 10/12 de 14h à 17h
Discrimination, intentionnalité et gouvernementalité statistique I (Th. Berns)
– Vendredi 17/12 de 14h à 17h
Discrimination, intentionnalité et gouvernementalité statistique II (Th. Berns)
– Vendredi 18/2 de 14h à 17h
Actualité de l’égalité : Balibar/Rancière (F. Caeymaex)
– Jeudi 24/2 de 9h à 18h
Journée d’études (Th. Berns, F. Caeymaex, E. Delruelle, G. Sibertin-Blanc)
– Vendredi 25/2 de 14h à 16h
Exposés des doctorants

Toutes les séances auront lieu au bâtiment central, place du XX août, 7 à 4000 Liège, au local A1/2/philo I.

La notion de discrimination a acquis, dans nos sociétés, le statut d’un référentiel central aussi bien de l’action publique des gouvernements que des revendications de la société civile ; dans l’ordre du discours, la « lutte contre les discriminations » paraît avoir pris le relais de la « lutte pour l’égalité ». Doit-on considérer qu’elle constitue la traduction proprement contemporaine de l’affirmation égalitaire issue de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ? Quels sont les déplacements induits par cette traduction ? Si la « lutte contre les discriminations » s’autorise/se réclame souvent des théories contemporaines de la justice [Rawls, Dworkin, Sen], s’inscrivant ainsi dans la lignée du libéralisme politique d’après lequel l’égalité de droits doit se traduire dans l’égalité des chances — le droit à être traité comme un égal —, doit-on considérer que ce principe épuise le sens de l’égalité aujourd’hui ?

Pour commencer de répondre à de telles questions, on peut partir du postulat selon lequel l’égalité ne constitue pas d’abord un principe (voire un idéal) univoque, mais désigne plutôt la dynamique interne à la constitution de la citoyenneté moderne : en ce sens l’égalité est indissociable des situations historiques déterminées qui l’ont mise en œuvre et des tensions constitutives de ces situations. De ce point de vue, la question des discriminations — comme variante contemporaine de la question de l’égalité — doit elle aussi être abordée depuis les contextes pratiques et argumentatifs qui la mettent en jeu.

A partir, d’une part, d’une analyse des outils conceptuels et juridiques mobilisés dans la lutte contre les discriminations au jour le jour par les institutions publiques qui en ont la charge, et des controverses autour de la discrimination statistique (notamment les « statistiques ethniques ») d’autre part, nous tenterons de déplier les significations attachées au principe de non-discrimination : son rapport aux droits fondamentaux, l’identification des modalités de la discrimination (intentionnelles-non intentionnelles, directe ou indirecte, négative ou positive), les déterminations de la discrimination et leurs articulations (penser les discriminations par leur nature — économiques, culturelles, religieuses, genre ou les penser par secteurs : emploi, logement, éducation, santé, etc.), les modèles théoriques qu’il mobilise (marché et respect de la concurrence, justice distributive, éthiques de la reconnaissance, approches statistiques de la politique/pratiques de gouvernement).

Il s’agira à partir de là de cerner avec plus de précision les significations concrètes que prend l’égalité au regard de celles attachées au principe de non-discrimination, et de montrer comment, à travers elles, se manifeste la logique contradictoire constitutive de l’institution moderne de la citoyenneté d’après Balibar : la production, à travers le droit, d’une universalité qui, loin de les annuler, fait proliférer et se reconfigurer les différences entre les hommes.

Service de philosophie morale et politique
Université de Liège
Place du XX août, 7
B-4000 Liège
philopolitique@ulg.ac.be
+32 (0)4 366 58 47
www.philopol.ulg.ac.be
Dissensus. Revue de philosophie politique de l’ULg
http://popups.ulg.ac.be/dissensus/

Télécharger l’affiche du séminaire: non_discrimination_egalite_affiche

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