journée d’étude : « La doctrine des catégories au tournant du XXe siècle », ULB, 12/09

Le Laboratoire de phénoménologie et d’herméneutique de l’Université libre de Bruxelles et l’Unité de Recherche Phénoménologies de l’Université de Liège organisent une journée d’étude intitulée « La doctrine des catégories au tournant du XXe siècle » le vendredi 12 septembre à l’ULB.  La journée est cofinancée par l’ULB, l’ULg et l’Union européenne et elle se tiendra dans la bibliothèque du CIERL de l’ULB (Avenue Franklin D. Roosevelt 17 – 1050 Bruxelles).

Vous en trouverez ci-dessous le programme et l’argumentaire.

AFFICHE
http://phi.ulb.ac.be/uploads/documents/Affiche%20-%20La%20doctrine%20des%20cat%E9gories.pdf

PROGRAMME

9h Présentation 9h30 FEDERICO BOCCACCINI, ULg, FNRS. Brentano, la théorie des catégories et la définition de la substance

10h30 SÉBASTIEN RICHARD, ULB, FNRS. Catégories d’objet et modes d’être chez Meinong

11h45 GUILLAUME FAGNIEZ, ULB. Dilthey et les catégories de la vie

14h30 CHARLOTTE GAUVRY, ULg, Marie Curie Cofund. Catégorie constitutive et catégorie réflexive chez Emil Lask. La formalisation à l’orée de la phénoménologie

15h30 RAPHAËL EHRSAM, Univ. Cambridge. Le catégoriel chez Emil Lask et Clarence Irving Lewis : un essai de comparaison

16h45 PIERRE-JEAN RENAUDIE, Univ. Porto, FCT. Le sol et la clé de voûte de la phénoménologie. L’usage phénoménologique des catégories chez Husserl et Heidegger

PRÉSENTATION

Le paysage philosophique germanophone de la fin du XIXe siècle est marqué par un retour de la problématique des catégories sur le devant de la scène. Nous pensons spécifiquement aux travaux de Franz Brentano (1838-1917) et de ses élèves, aux Néokantiens de l’école de Bade (Wilhelm Windelband (1848-1915), Heinrich Rickert (1863-1936) ou Emil Lask (1875-1915)) ou à Wilhelm Dilthey (1833-1911). Tant et si bien qu’une certaine philosophie (celle de Lask par excellence) a pu se présenter comme une doctrine des catégories à part entière. L’enjeu de cette journée d’étude est d’interroger la place historique et le rôle conceptuel qu’ont pu jouer les catégories à l’orée de la phénoménologie.

La première question que nous souhaitons poser est historique. Dans la logique de la démarche transcendantale qui est la sienne et donc de l’examen des conditions de possibilité formelles de la connaissance des objets, Kant renoue avec la question aristotélicienne des catégories: il postule l’existence de « purs concepts de l’entendement » ou « catégories » seuls susceptibles de « fournir de l’unité aux diverses représentations dans un jugement et [de] donner aussi à la simple synthèse de diverses représentations dans une intuition une unité » (KRV, §10). L’intérêt proto-phénoménologique pour les catégories se présente-t-il comme un retour, par-delà l’idéalisme allemand, à cette problématique transcendantale kantienne ou bien plutôt en un retour, par-delà Kant lui-même, à la question aristotélicienne? L’enjeu problématique de cette interrogation historique est le statut général de la forme catégoriale, logique et/ou ontologique, et corollairement la fonction à assigner à la subjectivité dans la mise en œuvre de cette fonction.
Si tant est qu’une certaine philosophie entende ainsi renouer avec l’héritage kantien, qu’en retient-elle? Il semble que tout en épousant le mouvement de la révolution copernicienne et la méthode transcendantale, elle se ressaisit de la question des catégories tout en reformulant, voire en abandonnant la méthode de la « déduction ». C’est ce travail de reformulation de la déduction transcendantale que nous entendons également interroger. Peut-on encore dire que les catégories sont « déduites » des formes logiques du jugement, des objets logiques ou du mouvement même de la vie? Et s’il y a lieu de mettre au jour un processus « génétique » de la catégorie, quelles sont les implications d’un tel déplacement relativement à la validité du catégorial?

C’est ainsi que le statut même des « catégories » entre dans le champ de notre enquête. Leur domaine d’application redéfini, les catégories sont-elles encore des concepts purs transcendantaux susceptibles d’unifier l’expérience sensible? Les catégories ne doivent-elles pas être repensées comme des formes logiques, sémantiques ou même ontologiques? À travers la double référence à Kant et à Aristote mise en œuvre à la fin du XIXe siècle, une articulation plus fine de ces différences statutaires est recherchée qui est appelée à modifier la problématique catégoriale.

Ainsi, c’est l’enjeu stratégique de la résurgence de cette problématique catégoriale, notamment ses répercussions directes sur l’émergence de la phénoménologie naissante (husserlienne et heideggérienne), que nous souhaitons enfin interroger.

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