Appel à contributions, Colloque « Langage et métalangage, logique et métalogique. Revisiter la hiérarchie de Tarski », 19-20/05/16, UCL

14 décembre 2015

(english below)

Appel à contributions (fr)

Colloque « Langage et métalangage, logique et métalogique. Revisiter la hiérarchie de Tarski », orienté vers les jeunes chercheurs.

Université catholique de Louvain (UCL), Louvain-la-Neuve, Belgique
19-20 mai, 2016
http://perso.uclouvain.be/peter.verdee/metalang2016

DATES IMPORTANTES

Date limite de dépôt: 1 Février, 2016
Notification d’acceptation: 15 Février, 2016
Colloque: 19-20 Mai, 2016

RESUMÉS

Des contributions de jeunes chercheurs (max. 5 ans après avoir obtenu leur PhD) en anglais ou français sont bienvenues.
Soumission des résumés par courriel : peter.verdee[at]uclouvain.be

CONFERENCIERS INVITÉS (à condition d’obtenir le budget demandé)

ACHOURIOTI Dora, Universiteit van Amsterdam (ILLC), Amsterdam, Pays-Bas
RUSSELL Gillian, University of North Carolina, Chapel Hill, NC, États-Unis
VENTURI Giorgio, State University of Campinas (UNICAMP), Campinas, SP, Brésil
WEBER Zach, University of Otago, Dunedin, Otago, Nouveau-Zélande
DE BRABANTER Philippe, Université Libre de Bruxelles, Brussels, Belgique
DEGAUQUIER Vincent, Université Namur, Namur, Belgique
RICHARD Sébastien, Université Libre de Bruxelles, Brussels, Belgique
URBANIAK Rafal, Ghent University, Ghent, Belgium and University of Gdansk, Gdansk, Pologne

DESCRIPTION

Ce colloque a pour but de rassembler des chercheurs en logique, philosophie de la logique, philosophie du langage et philosophie des mathématiques pour investiguer le problème de la séparation entre langage-objet et métalangage.

Depuis les travaux d’Alfred Tarski, nous savons que des paradoxes surgissent lorsqu’on met au point un langage précis susceptible d’exprimer à la fois la théorie d’un certain domaine d’objets et sa métathéorie. À titre de solution, Tarski suggérait une hiérarchie stricte des langages au sein de laquelle chaque langage ne pourrait parler que du langage immédiatement inférieur dans la hiérarchie. Bien que cette suggestion fonctionne comme solution technique, elle est assez artificielle et éloignée de nos intuitions relatives aux langues naturelles.

Depuis les résultats de Tarski, la logique, la philosophie du langage et les mathématiques ont pas mal évolué. Désormais, nous disposons d’une multitude de systèmes logiques non classiques qui peuvent éviter que des paradoxes jaillissent et détruisent toute signification. Nous disposons
d’outils mathématiques bien établis pour prendre précautionneusement en charge les raisonnements métathéoriques à propos d’une théorie fondationnelle (« forcing » en théorie des ensembles, théorie des catégories, force de consistance). Des moyens de traiter de manière sensée la compréhension complète et non stratifiée en mathématiques ont été proposés. Des techniques sophistiquées pour les connaissances de base et leur révision ont été développées pour la vérité auto-référentielle. Des outils formels ont été mis au point pour comprendre mieux le langage naturel. Nombreux sont ceux qui s’efforcent désormais de s’émanciper de la norme poussant à utiliser une métathéorie classique.

Étant donné ces développements nouveaux, nous pensons que le moment est venu de rouvrir le débat philosophique sur la distinction entre langage-objet et métalangage. Des spécialistes des champs de recherches pertinents sont invités à présenter leur propre recherche en cours sur les sujets évoqués et, depuis cette perspective, à réfléchir sur les implications de leur travail pour au moins un des enjeux suivants :

* La distinction entre langage et métalangage est-elle nécessaire, désirable, naturelle ?
* L’importance d’une distinction claire entre langage et métalangage pour la théorie de la vérité
* L’importance d’une distinction claire entre langage et métalangage pour la métamathématique
* L’importance d’une distinction claire entre langage et métalangage pour des théorèmes fondationnels célèbres : Gödel (incomplétude), Löwenheim-Skolem (une modèle pour chaque cardinalité), Cohen (forcing)

* Comment formaliser le métalangage ?
* Comment éviter la régression à l’infini (langage-objet, métalangage, méta-méta-langage,…) lorsqu’on cherche à rendre précis un langage ?
* La même logique devrait-elle être utilisée pour le langage-objet et le métalangage ?

* Est-il raisonnable de supposer un métalangage naturel partagé ?
* Est-il possible/utile d’unifier les (méta-)langages et de réduire les langages les uns aux autres ?
* La théorie des catégories/types/ensembles pour unifier les métalangages mathématiques et informatiques
* L’universalité des langages
* Le pluralisme logique

ORGANISATEURS

Bruno Leclercq, ULg, Liège, Belgium
Peter Verdée, UCL, Louvain-la-Neuve

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Call for papers (en)

Workshop « Language and metalanguage, logic and meta-logic. Revisiting Tarski’s hierarchy », targeted towards young researchers.

Université catholique de Louvain (UCL), Louvain-la-Neuve, Belgium
May 19-20, 2016
http://perso.uclouvain.be/peter.verdee/metalang2016

IMPORTANT DATES

Deadline for submission: February 1, 2016
Notification of acceptance: February 15, 2016
Conference: May 19-20, 2016

ABSTRACTS

Contributions of young researchers (without PhD degree or max. 5 years after obtaining PhD degree) in English or French are welcome.
Please submit your abstract of approximately 500 words to: peter.verdee[at]uclouvain.be

INVITED SPEAKERS (on condition of extra funding)

ACHOURIOTI Dora, Universiteit van Amsterdam (ILLC), Amsterdam, Netherlands
RUSSELL Gillian, University of North Carolina, Chapel Hill, NC, USA
VENTURI Giorgio, State University of Campinas (UNICAMP), Campinas, SP, Brazil
WEBER Zach, University of Otago, Dunedin, Otago, New-Zealand
DE BRABANTER Philippe, Université Libre de Bruxelles, Brussels, Belgium
DEGAUQUIER Vincent, Université Namur, Namur, Belgium
RICHARD Sébastien, Université Libre de Bruxelles, Brussels, Belgium
URBANIAK Rafal, Ghent University, Ghent, Belgium and University of Gdansk, Gdansk, Poland

DESCRIPTION

The goal of this workshop is to bring together researchers in logic, philosophy of logic, philosophy of language and philosophy of mathematics to investigate the problem of the separation between object-language and metalanguage.

Ever since the work of Alfred Tarski we have known that trivializing paradoxes arise when one designs a precise language that is able to express at the same time the object theory and the metatheory of a certain domain. As a solution, Tarski suggested a strict hierarchy of languages in which every language can only talk about the language immediately below it in the hierarchy. Although this works as a technical solution, it is rather artificial and remote from our intuitions about natural language.

Since Tarski’s results, logic, philosophy of language and mathematics have changed quite a bit. Nowadays we have a multitude of non-classical
logical systems that can prevent the paradoxes from popping up or from destroying all meaning. There are well-established mathematical tools to
carefully deal with the possibility of reasoning about the metatheory of a foundational theory (“forcing” in set theory, category theory, consistency strength). Ways of dealing sensibly with non-stratified full comprehension in mathematics have been proposed. Sophisticated grounding and revision techniques for self-referential truth have been developed. Formal tools have been devised to better understand natural language. People are trying to emancipate themselves from the norm that urges us to use a classical metatheory.

Given all these new developments, we think now is a good time to reopen the philosophical debate on the distinction between object-language and
metalanguage. Specialists in the relevant fields are invited to present their own current research (on any related topic) and, from that perspective, reflect upon the implications of their work for at least one of the following issues:

* Is the distinction necessary, desirable, natural?
* Importance of a clear meta/object-language distinction for truth theory
* Importance of a clear meta/object-language distinction for metamathematics
* Importance of a clear meta/object-language distinction for the famous foundational theorems: Gödel (incompleteness), Löwenheim-Skolem (for each cardinality a model), Cohen (forcing)

* How can one formalize metalanguage?
* How to avoid infinite regress (object, meta, meta-meta, meta-meta-meta…) when trying to make a language precise?
* Should the same logic be used at the object level as at the metalevel?
* Is it reasonable to assume a shared natural metalanguage?
* Is it possible/useful to unify (meta-)languages and to reduce one to another language?

* Category/type/set theory as unifying metalanguage of mathematics and computer science
* Universality of languages
* Logical pluralism

ORGANIZERS

Bruno Leclercq, ULg, Liège, Belgium
Peter Verdée, UCL, Louvain-la-Neuve


Groupe de discussion des chercheurs en philosophie et éthique, 14/12, ULB

13 décembre 2015

« Bonjour à tous,

La première séance du groupe de discussion des chercheurs en philosophie et éthique aura lieu ce lundi 14 décembre à 11h au local. H.5162. Tous les chercheurs en philosophie et éthique (doctorants, postdoctorants, etc.) ainsi que les étudiants de MA2 qui le souhaitent y sont conviés. Vous trouverez en pièce jointe un argumentaire plus détaillé de l’activité. Cette première séance sera consacrée à la présentation des participants et aux modalités et objectifs du groupe de discussion. Si vous êtes intéressés par la participation au groupe de discussion en tant que doctorant sur fonds propre mais que, pour des raisons professionnelles, vous ne pouvez y assister en journée merci de me contacter (qhiernau[at]ulb.ac.be) pour que nous puissions en tenir compte lors des prochaines séances.

En espérant vous y voir nombreux.

Quentin Hiernaux et Tyler Reigeluth »


Colloque « Politiques de Derrida. Que fait la déconstruction à la pensée politique contemporaine? », 16-17/12, ULg-UNamur

10 décembre 2015

Les 16 et 17 décembre aura lieu un colloque international organisé par les Départements de philosophie de l’Université de Liège (MAP – Unité de recherches philosophiques sur les Matérialités de la Politique/ et de l’Université de Namur (Centre Esphin) :

« Politiques de Derrida. Que fait la déconstruction à la pensée politique contemporaine ? »

Informations pratiques et argumentaire du colloque : http://www.politiques-de-derrida.be/

La journée du 16 aura lieu à l’ULg, celle du 17 à l’UNamur.

Programme

MERCREDI 16 DÉCEMBRE 2015 – UNIVERSITÉ DE LIÈGE (Salle Henri Pousseur, Complexe Opéra)

Matinée – Présidence : Edouard Delruelle (ULg)
09h30 – 10h30 : Gil Anidjar (Columbia University) : « Des armes »
10H30 – 11h30 : Amaury Delvaux (FNRS/UNamur) : « D’une possible politique du supplément »
Pause
11h45 – 12h45 : Anne Gléonec (Institut de philosophie de l’Académie des sciences de la République tchèque) : « Derrida et les politiques de l’immunité »

Après-midi – Présidence : Florence Caeymaex (FNRS/ULg)
14h – 15h : Norman Ajari (Université de Toulouse II) : « Les Afriques de Derrida. Un devenir décolonial de la déconstruction »
15h – 16h : Sébastien Laoureux (Université de Namur) : « Au nom de quoi ? Sur la critique derridienne de l’utopie »
Pause
16h15 – 17h15 : Antoinette Rouvroy (FNRS/UNamur) : « La justice comme horizon inclôturable au péril du tournant numérique: la déconstruction algorithmique ou la dystopie d’une justice objective »

JEUDI 17 DÉCEMBRE 2015 – UNIVERSITÉ DE NAMUR (Salle L33, 3e étage)

Matinée – Présidence : Louis Carré (UNamur)
09h30 – 10h30 : Guillaume Sibertin-Blanc (Université de Toulouse) : « Spéculer – sur Derrida : ce qui reste de la critique de l’économie politique »
10h30 – 11h30 : Laura Odello (Collège international de philosophie) : « Déconstruction et pulsion de pouvoir »
Pause
11h45 – 12h45 : Oriane Petteni (FNRS/ULg) :  » Écriture et déconstruction derridienne. Des conséquences politiques du concept de trace »

Après-midi – Présidence : Grégory Cormann (ULg)
14h00 – 15H00 : Etienne Balibar (Université de Paris Ouest Nanterre La défense) : « Derrida d’un Autre l’autre »
15h00 – 17h00 : Table ronde avec Peggy Avez (Lille 3), Thomas Berns (ULB), Florence Caeymaex (FNRS/ULg), Antoine Janvier (ULg) et Julien
Pieron (ULg)

 

Comité organisateur : Florence Caeymaex (FNRS/ULg), Grégory Cormann (ULg), Amaury Delvaux (FNRS/UNamur), Sébastien Laoureux (UNamur), Oriane
Petteni (FNRS/ULg), Julien Pieron (ULg).


Jean Michel Counet, « Philosophie et Théologie en Islam. Quelques points de repère », 14/12, UNamur

10 décembre 2015

Dans le cadre du cycle « Conférences d’histoire de la philosophie », le département de philosophie de l’UNamur recevra ce lundi 14 décembre à 16h30 (Local L57 – séminaire de philosophie), le professeur Jean Michel Counet (Université catholique de Louvain), pour une conférence intitulée « Philosophie et Théologie en Islam. Quelques points de repère ».

Infos pratiques : http://www.unamur.be/lettres/philosophie/seminaires/histoire-de-la-philosophie


Conférence de Ronald Shusterman « Esthétiques de privation et de partage : remarques sur quelques tendances actuelles », 18/12, ULB

7 décembre 2015

Le groupe de contact F.N.R.S. en Esthétique et Philosophie de l’art propose une conférence de Ronald Shusterman (Professeur à l’Université Jean Monnet – Saint-Etienne) intitulée « Esthétiques de privation et de partage : remarques sur quelques tendances actuelles ».

La conférence se tiendra le vendredi 18 décembre 2015 de 18 à 20h à l’ULB (campus du Solbosch, bâtiment A, local AY2.108).

Abstract

On voit apparaître depuis une bonne dizaine d’années nombre de travaux qui proposent ce que l’on pourrait appeler une esthétique de privation : au lieu d’incarner la complétude, le raffinement, la maîtrise et l’expression, l’œuvre devient le lieu d’un inachèvement, d’une imperfection, d’une réticence, d’un « désœuvrement », d’une désinvolture ou d’une cachotterie – un lieu donc de privation, notion souvent envisagée comme la valeur profonde ou même l’essence de tout art. À travers l’examen de cette esthétique sera ensuite introduite une esthétique de partage qui s’inspirera de l’œuvre de l’artiste belge Ann Veronica Jannsens telle qu’elle est présentée par Mieke Bal dans une étude récente.

Affiche : Affiche-Shusterman-18-12-15


Books available for review on Phenomenological Reviews

3 décembre 2015

1. Hicham-Stéphane AFEISSA, L’habitant du monde. Éléments d’une philosophie de l’environnement à partir de Kant et de Husserl, PUF, 2015
2. Mark VAN ATTEN, Essays on Gödel’s Reception of Leibniz, Husserl, and Brouwer, Springer, 2015
3. Lee BRAVER, Division III of Heidegger’s Being and Time. The Unanswered Question of Being, MIT Press, 2015
4. Dorion CAIRNS, The Philosophy of Edmund Husserl, Springer, 2013
5. George KOVACS, Thinking and Be-ing in Heidegger’s Beiträge zur Philosophie (Vom Ereignis), Zeta Books, 2015
6. Martin HEIDEGGER, The Beginning of Western Philosophy. Interpretation of Anaximander and Parmenides, (Translated by Richard Rojcewicz) Indiana University Press, 2015
7. Knox PEDEN, Spinoza Contra Phenomenology. French Rationalism from Cavaillès to Deleuze, Stanford University Press, 2014
8. Thomas SHEEHAN, Making Sense of Heidegger. A Paradigm Shift, Rowman & Littlefield International, 2014

If you are interested in reviewing any of these books, please e-mail us at reviews[at]ophen.org

A styleguide for reviewers is available here: http://reviews.ophen.org/submission-guidelines/


Séminaire annuel « L’acte d’imagination : Approches phénoménologiques », 25-29/04/2016, ULg

3 décembre 2015

Pour sa dixième édition, le séminaire de recherche de l’U.R. Phénoménologies (Université de Liège) prendra pour thème l’imagination envisagée en tant que fonction psychique, dans sa spécificité par rapport à la perception, d’une part, et à la conception, d’autre part.

Kant avait notoirement fait de la faculté d’imagination un intermédiaire (un peu indécis) entre la réceptivité de l’expérience sensible et la spontanéité de l’entendement. En s’installant plus nettement sur le terrain de la psychologie descriptive et en abandonnant le vocabulaire des « facultés » pour lui préférer celui des actes mentaux ou des fonctions psychiques, les Brentaniens s’étaient donné les moyens d’analyser plus finement les composantes de l’acte d’imagination (mode de visée, contenu réel, contenu intentionnel…), les rapports de fondation qu’il entretient avec d’autres types d’actes, et par là le rôle qu’il peut jouer dans les fonctions cognitives ou évaluatives de l’esprit.

Comme la perception sensible, l’imagination comporte une composante hylétique – présence à l’esprit d’impressions ou de contenus réels singuliers et concrets – qui, comme le dit Husserl, la range parmi les actes d’intuition et lui permet de « remplir » les intentions de signification générales. Toutefois, contrairement aux sensations, les images ne se présentent pas sur le mode de la réalité, de sorte qu’elles ne jouent qu’un des deux rôles du remplissement : si elles fournissent bien, comme les sensations, des instances concrètes de ce qui était encore pensé de manière générale, elles ne permettent par contre pas de confirmer l’existence effective de ce qui était encore seulement conçu. Il en résulte soit une attitude déréalisante à l’égard des objets représentés (qui sont donc explicitement considérés comme non réels) soit une attitude de suspension du jugement de réalité à l’égard de ces objets (qui sont donc considérés indépendamment de la question de leur existence). Or, cette liberté vis-à-vis de la question de l’effectivité est aussi ce qui permet à l’imagination d’envisager des possibles non réalisés. Et imaginer des possibles, ce n’est pas la même chose que de simplement les concevoir. D’une part, en effet, l’imagination envisage des possibles singuliers et concrets là où la pensée conceptuelle n’envisage que des possibles généraux – ce n’est pas la même chose que de penser « montagne d’or » et d’en imaginer une. D’autre part, dans sa considération des possibles, l’imagination semble restreinte par des contraintes propres qui n’entravent pas la simple conception ; tout ce qui est théoriquement concevable n’est pas forcément représentable dans l’espace et dans le temps et donc pas forcément imaginable – on peut concevoir mais pas imaginer une « surface sans couleur », un « triangle qui ne soit ni scalène, ni isocèle, ni rectangle » ou un « carré rond » (entendu comme figure à quatre côtés égaux et quatre angles droits dont tous les points sont à égale distance d’un point donné).

De tous ces traits (descriptifs) de l’imagination résultent un certain nombre de fonctions qui la rendent indispensable dans les champs de l’épistémologie, de l’esthétique, de la morale ou de la politique.

En rencontrant leurs limites, les variations imaginaires permettent, sur le plan cognitif, l’identification d’essences matérielles. En particulier, le rôle non seulement illustratif mais résolument exploratoire des constructions de figures, schémas ou diagrammes qui accompagnent les raisonnements mathématiques confirme l’importance de l’intuition dans ce qui semblait relever exclusivement de l’entendement : une intuition qui n’est pas perceptive mais bien imaginative dans la mesure où les figures ne sont pas données pour leur singularité effective mais en tant que représentant une multitude de figures semblables possibles dont on peut faire varier les traits jusqu’à certaines limites.

Sur le plan politique et social, l’imagination permet aux idéologies de se doter de représentations concrètes qui les « matérialisent » et, en les connectant à la sensibilité, favorisent leur investissement affectif. Cette opération explique aussi bien l’efficacité didactique des images que leur possible instrumentalisation. Par ailleurs, l’imagination permet la considération d’alternatives aux situations de fait. En tant qu’elle suspend (même provisoirement) les déterminations effectives et réintroduit du jeu dans des situations trop définitivement marquées (cadenassées) idéologiquement, l’imagination constitue un outil critique capable d’œuvrer sur bien des terrains : lutte contre l’assignation identitaire, déconstruction de l’évidence normative, reconfigurations de nouveaux territoires du commun, jeu sur les rôles et les genres, etc. Le travail d’indétermination (ouverture des possibles) opéré par l’exercice de l’imagination permet que les choses puissent être autrement déterminées. Cette opération s’appuie dans bien des cas sur des outils artistiques (littéraires ou visuels).

Sur le plan esthétique, l’imagination, en tant qu’elle se définit dans la tension entre le champ des concepts et celui de la sensibilité, constitue la fonction essentielle sur laquelle s’appuie la créativité. Elle permet la reconfiguration des rapports du sensible et de l’intelligible, également mobilisés par la création artistique. Par le biais de l’imagination, l’oeuvre d’art nous plonge dans un état de libre jeu des facultés, car elle est – comme le disaient les romantiques dans le sillage de Kant – « double suspension » : suspension du pouvoir cognitif de l’entendement (qui détermine le sensible selon ses catégories) et, par la déréalisation, suspension de la dimension intéressée de la sensibilité.

L’enjeu du séminaire est d’explorer plus avant ces traits descriptifs et ces fonctions propres de l’imagination qui la distinguent de la perception et de la conception. En particulier, il sera intéressant de:

1. analyser finement l’acte d’imagination (et ses composantes) sur le terrain de la psychologie descriptive, en la contrastant avec la perception autant qu’avec la simple intention de signification, mais aussi avec d’autres fonctions psychiques telles que le souvenir ;

2. étudier, par contraste avec l’expérience sensible et la conception intellective, le rôle spécifique de l’acte d’imagination dans la connaissance, mais aussi dans la représentation et dans la créativité politique et/ou artistique.

Conférenciers invités

* Margherita Arcangeli (Institut Nicod, Paris)
* Roland Breeur (Husserl Archives, KULeuven)
* Chiara Cappelletto (Università degli Studi di Milano)
* Annabelle Dufourcq (Radboud Universiteit, Nijmegen)
* Augustin Dumont (Université de Montréal)
* Kathleen Lennon (University of Hull, UK)
* Alain Loute (Université Catholique de Lille)
* Delia Popa (Université Catholique de Louvain)
* David Rabouin (REHSEIS, CNRS)

Appel à contributions

Les propositions de communications (titre et abstract, 700 mots maximum)  sont à envoyer par courriel, *pour le 5 janvier 2016*, à B. Leclercq (b.Leclercq[at]ulg.ac.be), exclusivement au moyen du formulaire de soumission (http://www.pheno.ulg.ac.be/colloques/201604-imagination/cfpdoc/form.doc
http://www.pheno.ulg.ac.be/colloques/201604-imagination/cfpdoc/form.txt).

Les propositions seront évaluées en aveugle par le bureau de l’URPh.
L’acceptation ou le refus sera notifié pour le 15 janvier au plus tard.

Dispositions pratiques

Le séminaire se déroulera du 25 au 29 avril 2016 à l’Université de Liège (Belgique).

L’inscription n’est pas requise pour assister au séminaire. Un certificat de participation sera délivré sur demande à l’issue du séminaire, qui pourra être comptabilisé comme activité de formation doctorale (ECTS, etc.).

Les langues du séminaire sont le français et l’anglais.

L’école doctorale ne prend pas en charge les frais de transport et de séjour des intervenants « call-for-papers ». Des informations sur les possibilités d’hébergement sont communiquées sur demande.

Comité organisateur

* Maud Hagelstein (FNRS, ULg)
* Alievtina Hervy (FNRS, ULg)
* Bruno Leclercq(ULg)
* Raphaël Gély (Univ. St-Louis – Bruxelles)
* Sébastien Laoureux (Univ. de Namur)

Contact

maud.hagelstein[at]ulg.ac.be – ahervy[at]ulg.ac.be – b.leclercq[at]ulg.ac.be

http://www.pheno.ulg.ac.be/colloques/201604-imagination/fr/


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