Colloque « Que fait l’artification au concept d’art ? Approches philosophiques », UCL, 24-26/01/2018

14 décembre 2017

Il s’agit de se demander ce que les études sociologiques des phénomènes d’artification peuvent apporter de neuf à la pensée philosophique du concept d’art et à la compréhension philosophique de la scène artistique d’aujourd’hui. Tel est le but du colloque, dans le cadre duquel deux types d’approche seront privilégiées. Soit celle de l’histoire du concept moderne d’art (Art ou beaux-arts), soit celle de l’artification ou de la désartification d’objets ou d’activités particulières.

Si l’on est attentif aux origines et à la généalogie du concept moderne d’art, on sera frappé de certaines des conclusions tirées dans la postface que Nathalie Heinich a rédigée pour l’ouvrage déjà mentionné. Ainsi note-t-elle notamment, parmi les effets de l’artification, l’ennoblissement de la pratique, son autonomisation, son individualisation, son authentification et son « esthétisation ». Ceci vient-il confirmer que notre manière de parler et de nous rapporter à l’art aujourd’hui demeure (peut-être plus qu’on ne le pense habituellement ou qu’on ne le voudrait) tributaire de critères que nous devons au XVIIIe siècle ainsi qu’à la critique du goût et la constitution des beaux-arts et de leurs institutions ? « Car si toute beauté n’est pas artistique, écrit N. Heinch, […], et si tout art n’est pas forcément beau (…), il existe malgré tout dans la culture occidentale une forte congruence entre art et beauté. Il est donc logique qu’une activité ‘artifiée’ soit dès lors investie, tant chez ses producteurs que chez ses amateurs, par une recherche de beauté, quelles qu’en soient les définitions conjoncturelles » (p. 295). Par ailleurs, authentification et individualisation renvoient de pair au génie créateur, et l’autonomie à la définition d’une sphère artistico-esthétique, bref à une constellation de notions mise sur le devant de la scène par le XVIIIe siècle encore.

Selon le second axe, les mêmes conclusions pourront donner à penser quand N. Heinich reconnaît la rareté du processus de désartification, à savoir la perte de statut d’art par un art reconnu (p. 295) : il s’agit plus souvent d’artification non aboutie, ou en régression, de résistances à l’artification, que d’authentique désartification. Une artification complète et achevée ne peut-elle donc se défaire ? Voilà qui donne à réfléchir sur le sens du devenir-art d’une pratique ou d’objets. Le statut de l’architecture fait à cet égard question, lui aussi, en ce compris par rapport au concept historique de beaux-arts, du reste. On peut se demander si l’architecture n’aurait pas sa place dans la catégorie d’« artification partielle », à savoir une artification qui ne concerne qu’ « une partie seulement de [sa] production » (290), catégorie où l’on retrouve photographie et cinéma (dont l’artification est ‘achevée’ pour le cinéma d’art et d’essai seulement), ou la photographie dite ‘d’art’).

Par-delà les arts premiers, le hip-hop, la magie, le graffiti… et autres cas étudiés par la sociologie, et qui chacun pose la question de l’artification de manière spécifique, on pourrait en évoquer d’autres et leurs spécificités ; et s’interroger encore sur la signification et l’impact des phénomènes observés eu égard au lien sémantique entre art(s) et culture(s).

Le colloque aura lieu du 24 au 26 janvier 2018. Adresse du jour : Auditoire Socrate 240 – Collège Mercier – Place Cardinal Mercier, 14

Programme : depliant artification bat

Inscription obligatoire à l’adresse https://uclouvain.be/fr/instituts-recherche/isp/cep/inscription-au-colloque-que-fait-l-artification-au-concept-d-art-approches-philosophiques.html

Pour plus d’informations, consultez l’adresse https://uclouvain.be/fr/instituts-recherche/isp/evenements/artification.html

Contact : danielle.lories[at]uclouvain.be

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Séminaire du PHI, Camille Riquier, « Philosophie de Peguy ou les mémoires d’un imbécile », ULB, 08/12/2017

4 décembre 2017

« Cher.e.s membres du PHI,

Je vous rappelle que dans le cadre du séminaire interne au Centre de recherche en philosophie (PHI), nous accueillerons, le vendredi 08 décembre de 16h à 18h, Camille Riquier qui nous présentera son dernier ouvrage Philosophie de Peguy ou les mémoires d’un imbécile (PUF). La séance se tiendra au local AY2.112. Le séminaire est ouvert à tous, aussi bien aux étudiants qu’aux enseignants, chercheurs et visiteurs. Au plaisir de vous voir le vendredi 08 décembre,

Didier Debaise »

Prochaines séances:

Emanuele Coccia, autour de son livre « La vie des plantes. Une métaphysique du mélange » le vendredi 30 mars de 16h à 18h au AY2.112


François Jullien, conférence « Dé-coïncidence, d’où viennent l’art et l’existence », ULB, 14/12/2017

4 décembre 2017

Nous avons le plaisir de vous annoncer que nous recevrons prochainement François JULLIEN pour une conférence intitulée « Dé-coïncidence, d’où viennent l’art et l’existence ».

François Jullien, Philosophe, helléniste, sinologue, est Professeur des Universités et titulaire de la Chaire sur l’altérité de la FMSH. Il est aussi l’un des penseurs contemporains les plus traduits dans le monde.

Résumé de la conférence
On voudrait croire que, quand les choses en viennent enfin à s’accorder, c’est là le bonheur… Or, c’est précisément quand les choses se recoupent complètement et coïncident que cette adéquation, en se stabilisant, se stérilise. La coïncidence est la mort. C’est par dé-coïncidence qu’advient l’essor. Dieu lui-même dé-coïncide d’avec soi, en mourant sur la Croix, pour promouvoir la vie vivante. Dans la faille de la dé-coïncidence une initiative est à nouveau possible se déployant en liberté. Or, comme l’Age classique a fait de l’adéquation la définition même de la vérité, ou de la coïncidence avec la Nature le grand précepte de l’art comme de la morale, il est revenu à la modernité de rompre avec ce confort de la pensée. François Jullien fait jouer ici le concept de « dé-coïncidence » dans la Bible, la peinture, la littérature, la philosophie, pour montrer comment il est à la source de l’art et de l’existence.

Cette conférence, organisée dans le cadre des grandes conférences de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales, sera introduite par Andrea Rea, Doyen de la Faculté et Professeur de Sociologie, et Thomas Berns, Professeur de Philosophie à l’ULB.

Celle-ci se tiendra le jeudi 14 décembre 2017 à 18h30 – ULB, Campus du Solbosch, bâtiment R42, 5e étage, auditoire 503 (R42.5.503) – 42 Av. F. Roosevelt, 1050 – Entrée libre.

Nous vous invitons à rejoindre cet événement sur facebook : https://www.facebook.com/events/289973828176881/


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